La politique d'immigration externalisée de l'UE pour moins de justice sociale

Vendredi, 1 Décembre 2017

Depuis 2015, l’Union européenne est face l’arrivée massive de réfugié-e-s. Mais en 2017, sa politique d’immigration est largement critiquée et soulève des interrogations, notamment quant au respect des droits fondamentaux des migrant-e-s cherchant refuge sur le vieux continent. En effet, celle-ci est de plus externalisée : après des accords avec la Turquie, l’UE a mis en place des accords bilatéraux avec les pays africains dits de transit comme la Libye, le Tchad et le Niger. Si ces pays africains sont d’importants lieux de passage, ce sont aussi des États où les droits de l’humain ne sont pas respectés et où l’État islamique est présent.

Dès 2015, des plans de relocalisation des migrant-e-s sont imaginés. Selon ceux-ci, près de 160.000 personnes devraient être relocalisées. Dans les faits, ce chiffre peut largement être revu à la baisse puisque même des pays comme la France, l’Allemagne ou l’Espagne ont honoré à peine un tiers des relocalisations prévues.

La difficulté de proposer une politique interne d’immigration efficace a donc poussé l’UE à négocier des accords avec la Turquie. Ainsi en mars 2016, la mise en place d’un « corridor humanitaire » pour contrôler les flux migratoires est imaginé en échange d’une aide financière européenne, du retrait des visas pour les citoyen-ne-s turc-que-s en Europe et la relance du processus d’adhésion de la Turquie. Mais le régime d’Erdogan est fortement critiqué par les défenseurs des droits humains. Après la tentative du coup d’État de juillet 2016, la violation des libertés et des droits fondamentaux est de plus en plus prégnante, entraînant des tensions dans les relations entretenues par la Turquie et l’UE.

Si l’accord avec la Turquie a réduit quantitativement les flux migratoires via la mer Égée et vers la Grèce, le nombre de réfugié-e-s empruntant les routes libyennes vers l’Italie a lui augmenté. C’est pourquoi, l’UE a entrepris de mettre en place un accord avec la Libye prévoyant une importante aide financière, la fermeture de ports italiens, le sauvetage des réfugié-e-s en mer mais aussi des sanctions à leur encontre, la formation de garde-côtes et garde-frontière libyens, l’accès des mers libyennes aux autorités italiennes et la mise en place de plans d’accueil pour les migrant-e-s sur le territoire libyen. Le problème est que si une gouvernement « d’union nationale » existe bien en Libye, les djihadistes sont fortement présents sur le territoire, notamment près des frontières où les migrant-e-s transitent vers l’Europe. Ceux-ci sont alors exposés à la torture, à la violence, au viol et même à l’esclavage.

En aidant financièrement un pays où les droits fondamentaux sont à ce point bafoués, l’UE et les États membres se seraient-ils pas en train de directement financer un réseau criminel d’ampleur internationale tout en déniant aux migrant-e-s le droit d’être protégé-e-s ?   

Pays: 

Union Européenne