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Les consultations citoyennes comme nouveau vecteur d'unification de l'Europe ?

Lundi, 26 Février 2018

Dans une Europe qui cherche à se reconstruire démocratiquement et politiquement, les initiatives viennent de plus en plus d'acteurs bien différents du couple moteur franco-allemand. Des divergences d'opinions et d'ambitions apparaissent entre les pays membres, à l'instar de l'opposition de plus en plus marquée du groupe de Visegrad. Mais le projet des consultations citoyennes européennes, chères au Président français Macron, semble rapprocher les deux parties.

Alors que le processus de retrait de la Grande-Bretagne de l'Union européenne est enclenché, un nouvel acteur devrait la suppléer et prendre les rennes de la balance des pouvoirs dans l'UE. Un rôle majeur, contrebalançant une certaine hégémonie de l'Europe de l'ouest, et particulièrement celle du couple franco-allemand dont le rôle historique fut renforcé par l'élection d'Emmanuel Macron, très proche de la vision de la chancelière Merkel. Ce rôle semble être de plus en plus endossé (et assumé) par les États de Visegrad, ces quatre pays d'Europe centrale - la Pologne, la Tchéquie, la Slovaquie et la Hongrie - unis par des objectifs et des visions conjointes.

Ces États du groupe Visegrad ont élaboré leur politique européenne en opposition ferme à la vision très libérale défendue par la France et l'Allemagne. De nombreux désaccords en découlent, notamment sur l'importance des pays d'Europe centrale et de l'est au sein du processus décisionnel européen. Il est sans doute inévitable qu'un choc des visions survienne à terme, puisque les revendications sont fortes des deux côtés, et que l'importance des pays Visegrad est de plus en plus grande. De plus, leur rapprochement avec d'autres pays, comme l'Autriche, laisse présager que leur vision sera défendue et ralliée par d'autres États membres. Sans oublier que l'Autriche connaitra la prochaine rotation de présidence de l'Union européenne, à partir de juillet 2018, ainsi ces revendications et oppositions pourraient s'accentuer encore plus.

Or, sur les questions d'avenir de l'Europe, il semble que les oppositions puissent être atténuées. En effet, le projet de consultations citoyennes initié par la France et Macron trouve écho au sein des dirigeants des pays Visegrad. Sur ce sujet, trois des quatre États membres du groupe de Visegrad ont déclaré leur volonté de participer au projet et, à ce jour, seule la Hongrie réserve encore sa réponse. Ce raliement n'est pas sans conditions puisque l'organisation et l'articulation des consultations devraient rester propres à chaque pays, en fonction des pratiques nationales. Une prise de risque limitée, donc, pour les États de Visegrad, mais qui marque un pas en avant de ces derniers pour une réconciliation des opinions, et pour un avenir européen commun plus adapté au développement de chacun.

Ce processus de consultation citoyenne serait-il une solution à la fois pour la légitimité démocratique de l'Europe, mais également pour renforcer son unité dans une période difficile ? Reste à voir si la manière employée pour organiser ces consultations, encore floue, sera effectivement bénéfique. L'avenir proche nous en dira plus, puisque ces consultations devraient débuter courant avril partout en Europe.