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"Les gilets jaunes" : un mouvement citoyen qui se politise ?

Mercredi, 23 Janvier 2019

Alors qu'une partie du mouvement des " gilets jaunes " s'organise pour se rassembler en vue des élections européennes le 26 mai 2019, l'adéquation de leurs revendications aux problématiques européennes interroge.

"Nous ne voulons plus subir les décisions des instances européennes et les diktats des castes de financiers et de technocrates, qui ont oublié le principal : l’humain, la solidarité et la planète" écrit le mouvement des "gilets jaunes" dans un communiqué mercredi 23 janvier annonçant sa proposition de liste pour les élections européennes.

Le "ralliement d'initiative citoyenne" (RIC) a annoncé dix noms de candidats pour la liste. Afin d'atteindre les 79 noms requis, le mouvement a lancé un appel à candidatures ouvert à tous les citoyens jusqu'à mi-février. Si les revendications sont hétérogènes voire contradictoires, la colère des "gilets jaunes" vient d’abord de la hausse du prix des carburants en France. Se sont ensuivis d’autres motifs de contestation comme la pression fiscale, la suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF), les inégalités fiscales et sociales, les bas salaires, la précarité, la désertion des services publics en zones rurales…

Le mouvement qui a débuté en France s’est également développé en Belgique puis, a inspiré la mobilisation d’autres citoyen.ne.s européen.ne.s en Grande-Bretagne et en Allemagne. Néanmoins, ces mobilisations se sont faites dans une moindre mesure qu’en Belgique et en France. Si les motifs de contestation sont spécifiques aux contextes nationaux voire régionaux, le plus souvent il s’agit de dénoncer la hausse des inégalités, le mépris affiché des classes dirigeantes pour les classes populaires, le déclassement des classes moyennes et l’abandon de certains territoires par les gouvernements.

Bien que de nombreux "gilets jaunes" expriment leur défiance face aux institutions, il convient de ne pas basculer dans la surenchère en considérant les membres du mouvement comme étant des individualistes dépolitisés ou noyautés par les extrêmes. Au regard du dernier rapport d’Oxfam publié en janvier 2019 "Services publics ou fortunes privées ?", la fortune des milliardaires sur la planète a augmenté de 900 milliards de dollars en 2018. La France est l’un des pays ayant connu la plus forte progression de millionnaires en 2018, sachant que les 5% les plus riches détiennent 40% des richesses nationales.

Le constat d’un tel creusement des inégalités pousse à l’indignation. Certes, la tentation de récupérer le mouvement plane encore. En France, le Parti Communiste Français (PCF), le Rassemblement National (RN) et La France Insoumise (LFI) avaient déjà manifesté leur intérêt pour associer les « gilets jaunes » à leur liste des élections européennes. Cependant, c’est justement le caractère non partisan et la volonté de s’affranchir des logiques démagogiques qui portent le mouvement.

Plutôt que de juger et catégoriser, nous devons plutôt nous employer à prendre en considération les revendications des acteurs du mouvement afin d’en analyser les ressorts. Comprendre et agir tels sont les maîtres mots de POUR LA SOLIDARITÉ-PLS.