human rights

"On ne peut pas considérer un seul des droits fondamentaux comme acquis"

Jeudi, 22 Février 2018

Le rapport annuel 2017/18 d'Amnesty International, publié ce jeudi 22 février 2018, dresse un état des lieux de la situation des droits humains à travers le monde. Le bilan est édifiant, d'après l'ONG, les situations déjà critiques en 2016 ont été aggravées par les conflits, l'austérité et les décisions politiques. A ce sujet, le rapport déplore des "politiques de diabolisation".

De nombreux sujets relatifs aux droits humains sont exposés dans le rapport, qui tente de dresser un bilan des pratiques mondiales en termes de respect des droits humains. En s'intéressant aux situations pays après pays, les rapporteurs affirment qu'aucune région du monde ne respecte les droits fondamentaux. Pour cause, de nombreux facteurs : insécurité, austérité, conflits, catastrophes naturelles, discrimination, décisions politiques... Le bilan, relativement complet et exhaustif, est loin d'être rassurant.

En premier plan de ce bilan, la gestion de la crise des migrants, et les politiques qui en découlent, sont pointées du doigt. Les décisions prises par les dirigeants des grandes puissances, et leur incapacité à trouver des solutions durables, favorise la violation des droits humains d'après l'ONG. Même constat en ce qui concerne les grands conflits, ou le terrorisme. Tous ces enjeux mondiaux remettant en cause les droits fondamentaux appelent une reflexion et une action communes de la part de la communauté internationale. De nombreux exemples sont repris : conflits en Syrie et en Irak, purge ethnique des Rohingya au Myanmar, migration massive de réfugiés du Soudan, d'Erythrée et trafic d'êtres humains en Libye...
L'ONG déclarant ainsi : "Cet épisode restera dans l’histoire comme un exemple supplémentaire de la calamiteuse impuissance de la communauté internationale à résoudre les situations propices aux pires atrocités de masse".

D'après les experts d'Amnesty, donc, ces situations ont entraîné une vague de fermeture de la part de nombreux pays, instaurant des politiques de diabolisation des populations concernées, plutôt que d'oeuvrer à leur résolution. Ceci a donc favorisé la montée de mouvements aux allures radicales (en Europe, en Afrique, et même aux États-Unis), portant atteinte à la démocratie, et donc encore plus aux droits humains.

Cependant, au coeur de ces dénonciations virulentes, le rapport met tout de même en lumière certaines initiatives citoyennes qui ont émergé en 2017 à la faveur du respect des droits humains. Ces mouvements, allant de la lutte féministe (#MeToo, marche pour les femmes) à la revendication pacifiste (mobilisation des jeunes américains pour un contrôle plus strict des armes à feu), en passant par les engagements citoyens en faveur des migrants, sont tous salués par Amnesty.
Finalement, ces éclairs citoyens et engagés n'effaceront pas la triste réalité du rapport, qui semble pour la première fois révéler un recul global des droits humains. En cette année du 70ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme, il est temps que cela change. "Nous devons refuser les discours de diabolisation et construire à la place une culture de solidarité".

Pays: 

Monde hors Europe