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Le 7 avril 1994 débutait le génocide rwandais

Lundi, 8 Avril 2019

Il y a 25 ans avait lieu le génocide au Rwanda décimant plus de 800 000 personnes entre avril et juillet 1994. Dimanche 7 avril se sont ouvertes les commémorations qui se dérouleront pendant 100 jours en mémoire des victimes.

Le Rwanda débute une série de commémorations en mémoire des massacres qui ont précipité vers la mort 800 000 Tutsi et Hutu modérés dont 90% des Tutsi vivant au Rwanda. Bien que le pays soit régulièrement cité comme l'illustration d'un miracle économique et social car l'un des plus dynamiques du continent africain, le Rwanda n'en finit pas de panser ses plaies.

Le génocide fut déclenché le 7 avril 1994 suite à l'assassinat du président rwandais, Juvénal Habyarimana, un Hutu. Alors que la haine anti-tutsi soufflait déjà dans la population - encouragée par les médias - l'assassinat du président Habyarimana fut une aubaine pour les Forces armées rwandaises (FAR) et les miliciens extrémistes hutu pour appeler la population à l'extermination des Tutsi. La population hutu dans son ensemble a été encouragée à participer aux massacres de près d'un million de femmes, d'hommes et d'enfants, assassinés par leurs voisins ou leurs proches.

Depuis quelques années, plusieurs historien.ne.s et rescapé.e.s demandent que la lumière soit faite sur le rôle trouble de la France dans le génocide. En effet, la France est accusée d'avoir été complice et informée auparavant des préparatifs du génocide.

Les relations entre Kigali et Paris restent compliquées, Emmanuel Macron n'était d'ailleurs pas présent lors des cérémonies commémoratives dimanche 7 avril, ayant choisi d'envoyer le député Hervé Berville, orphelin rescapé du génocide. Malgré tout, cette présence est un symbole fort car c'est la première fois qu'un représentant de l'État français assiste aux commémorations.

Une commission Rwanda vient d'être créée par le gouvernement, celle-ci est composée d'un comité international scientifique et est pilotée par un historien spécialiste du concept de génocide, Vincent Duclert. Cependant, les archives de l'opération militaire « Turquoise » restent toujours inaccessibles alors que la connaissance de ces archives serait une étape clé pour connaître le rôle des protagonistes français et rwandais dans la planification de ce crime contre l'humanité. Vingt-cinq ans après, le devoir de mémoire doit s'associer au devoir d'enquête et de d'investigation y compris de la part de la France.